A trop marcher par les nuits de grand vent,
A trop courrir pour gagner du temps,
Ils ont oublié l'espace d'un instant,
Qu'il fallait vivre un peu plus lentement.
Marcheurs de l'ombre, que vos mains se tendent,
Marcheurs de l'ombre, que vos âmes s'entendent.
A trop parler pour ne rien dire,
A trop raconter pour les faire palir,
Ils ont oublié que la parole est sacrée
Pour ceux que la chance n'a pas compté.
Paroles sans histoires, que vos murmures résonnent
Paroles sans histoires, que vos clameurs détonnent.
A trop chercher le meilleur moyen,
A trop regarder ce que fait le voisin,
Ils ont oublié qu'il n'y a pas assez d'une vie
Pour conquérir sont petit coin de paradis.
Pionniers des villes, que vos découvertes soient bonnes,
Pionniers des villes, que tous vos filons donnent.
A trop lire les écrivains purs et durs,
A trop écouter les diseuses de bonne aventure,
Ils ont oublié de tracer leur propre chemin
Celui où personne ne leur tendra la main.
Voyageurs de la pensée, que vos avis soient justes,
Voyageurs de la pensée, votre empir pour un buste.


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